L’ostéopathie humaine, tout le monde connaît (ou presque). Médecine de terrain, au même titre que l’homéopathie ou l’acupuncture, elle vise à restaurer l’équilibre du corps dans sa globalité mécanique et physiologique.
Trop souvent amalgamée avec la vertébrothérapie ou la chiropraxie, techniques limitées à la colonne vertébrale, l’ostéopathie vise à rétabir la mobilité partout où elle fait défaut, à libérer les grandes voies de passage artério-veineuses et nerveuses, à assurer le bon fonctionnement de nos organes et de notre système musculo-tendineux.
Il s’agit en fait d’une réharmonisation globale dont le but est d’aider notre organisme à trouver ses propres voies de guérison : intervenir et laisser la nature agir.
Sans revenir sur les grands principes neuro-physiologiques, retenons que de nombreuses pathologies dépendent directement de la bonne mobilité de notre structure ostéo-articulaire de soutien.
Il est donc essentiel de veiller au bon positionnement et à la bonne mobilité des articulations entre elles, tout blocage mécanique entretenant une contracture réflexe douloureuse ( et vice-versa ).
Que se passe-t-il donc en cas de malfonctionnement de la structure ?
Sur le plan local, outre la raideur et la douleur, l’inflammation des tissus évoluera vers l’épaississement, puis la sclérose, avec retentissement sur la circulation périphérique, perturbant la fonction locale avec son cortège pathologique : fibroses, épanchements, tendinites, arthroses, douleurs à distance, etc.
Au niveau vertébral, le problème se complique : en effet, à chaque étage vertébral correspond, par l’intermédiaire de la moëlle épinière et de ses prolongements nerveux une zone de commande de la structure externe ou des viscères.
Ainsi la souffrance d’une région déterminée de la colonne vertébrale pourra-t-elle entraîner la production d’influx nocifs pour sa correspondance périphérique ( névralgie sciatique ,crurale, inter-costale, cervico-brachiale,… ) ou viscérale (insuffisance foie, reins, intestins,…) créant alors une lésion secondaire viscérale.
Mais l’inverse peut également se produire : un viscère en souffrance enverra des informations vers les centres supérieurs, via son étage correspondant de la moëlle épinière ; l’accumulation de ces influx nocifs produira secondairement un blocage de la zone vertébrale intéressée.
Il sera alors nécessaire de traiter simultanément la structure musculo-squelettique et la sphère viscérale.
Il y a bientôt trois décennies, un jeune vétérinaire à la curiosité débordante venait étudier l’ostéopathie humaine à l’Institut William Garner Sutherland. Tout en respectant les principes fondamentaux de A.T.Still. il fut le premier à adapter et à appliquer au cheval les techniques ostéopathiques, avec le succès que l’on connaît !
Depuis lors, le succès de l’ostéopathie équine ne s’est jamais démenti.
Les propriétaires et les entraîneurs l’ont d’ailleurs bien compris et sont de plus en plus demandeurs, non seulement dans un but curatif mais également dans une optique de prévention, de réadaptation et d’entretien.
Véritable ART d’observation et d’écoute, notre pratique tient désormais une place incontournable au sein de l’équipe soignante, le plus souvent en étroite collaboration avec le vétérinaire pour le plus grand bien de nos amis à quatre pieds.
L’IFOREC reste à ce jour la seule formation en ostéopathie équine intégrant de façon analytique la réadaptation du cheval, en fonction de sa biomécanique spécifique.
Les indications sont nombreuses, mais il reste préférable de travailler en coordination avec le vétérinaire ; son examen préliminaire permet en effet d’éliminer toute pathologie qui ne serait pas de notre ressort. La formation proposée par l’IFOREC autorise déjà une approche sérieuse dans cette direction.
Voici donc quelques situations et conditions qui peuvent indiquer au propriétaire que l’état de son cheval nécessite l’intervention d’un ostéopathe, cette liste n’étant évidemment pas exhaustive.
Le traitement ostéopathique visera dans un premier temps à parer au plus pressé, à savoir éliminer le facteur douloureux : il faut alors considérer la dernière relation lésion-douleur, même s’il ne s’agit que d’une lésion adaptative.
Le traitement de fond viendra ensuite, dans un intervalle de 2 à 3 semaines, suivi si nécessaire d’un plan réadaptatif personnalisé.